"A dans une heure, grand max'! "

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"A dans une heure, grand max'! "

Message  Thelema le Mar 3 Jan - 21:05


Un samedi après-midi, ce 13 novembre 2010, tu me dis que tu as envie de faire un tour de moto. Je ne sais pas pourquoi mais je n'ai pas très envie que tu y ailles. J'ai envie de passer du temps avec toi. Je sais bien que nous venons de passer deux semaines ensemble, en quasi vase clos. Tu as besoin de prendre l'air. Ta moto, comme tu me l'as toujours dis, c'est ta maitresse. Elle est assurée depuis la veille, elle a un nouvel échappement et des commandes reculées. Tu veux tester ton nouveau jouet. Je boude un peu, je tente de te faire changer d'avis. Je te propose des alternatives qui ne t'emballent pas. Tu insistes sur ce tour de moto, qui ne sera pas long. J'argumente, qu'on a le ménage à faire, que des amis doivent venir nous rendre visite, que j'aimerai également prendre l'air. A contre -cœur, tu me dis d'aller me promener et que tu vas garder la petite. Je ne veux pas te priver de ton plaisir, alors je te dis vas-y. Tu consultes le site météo france, le temps est clément. Tu t'habilles. Tu me dis que tu seras de retour " dans une heure grand max'". Je te fais limite promettre. Tu m'embrasses, tu embrasses notre fille, et tu t'en vas. J'ai blagué sur le fait que tu étais sexy en motard. Et tu es parti ...

Je suis également aller faire une promenade avec la petite, je suis rentrée à l'heure dite, mais pas toi ... Vers 17h30, je peste un peu, je me dis que tu joues les prolongations, que tu vas m'entendre. 18h, toujours personne, je m'inquiète un peu, et me dis que tu as dû aller au garage moto, que tu papotes autour d'un café. La sonnette retentit , ce n'est pas toi, mais nos amis. Je rallume mon téléphone, aucune nouvelle de toi. Je fais mine de ne pas m'angoisser, mais quand j'entends une moto dans la rue, je me précipite à la fenêtre. Ce n'est pas toi... Je commence sérieusement à craindre le pire, tu n'es pas du genre à me laisser sans nouvelles. Je me rassure avec une histoire de batterie déchargée. Il fait noir, il pleut, où es -tu ? V****, l'ami de G***, me dit qu'il a entendu des pas dans l'escalier. Je me sens soulagée, je me précipite à la porte, plus de colère, plus de ressentiment, juste l'envie de te prendre dans mes bras, et te dire que tu m'as bien fait peur. J'ouvre la porte comme un diable sort de sa boite, et je tombe nez à nez avec tes parents. Ta mère a le visage blême, ton père a les yeux rouges... Je comprends avant même que ta mère ne finisse son récit. Bourrasque de vent, accident, hôpital, la tête a pris, des lésions au cerveau, hélico.

Je pense que je ne réalise pas immédiatement, je me dis que ce n'est pas réel. J'ai les pensées qui se figent. Non, ce n'est pas vrai, c'est impossible . J'écoute tes parents, je m'assois, je me lève, j'appelle ma mère. Son mari lui arrache le téléphone, il me crie dessus, car je lui semble hystérique. Je n'avais pas l'impression d'être anormale, juste de relater ce qui se passait. Subitement une idée bête me vient, je demande à maman de prévenir Julien que ce soir, nous n'irons pas au concert " des locataires " avec lui. En y repensant, quelle préoccupation futile! J'ai eu Julien au téléphone je crois... Maman est venue. G**** m'a dit je ne sais pas quoi te dire, je ne suis pas douée pour ces choses là. J'ai voulu éviter de pleurer devant K***** et G*****, les pauvres enfants, mais je n'ai pas pu. V**** a été très paternaliste. Il a consolé, il a trouvé les mots justes. Il refusait qu'on cède à la panique, et au désespoir.

J'ai rassemblé tant bien que mal des affaires, j'ai suivi tes parents chez eux. Je ne me souviens pas du trajet. Je me souviens que du sale temps, et de la maison de tes parents silencieuse et sombre... Puce est dans mes bras, ton père , me montre ce nouvel appareil photo qu'ils se sont offert le matin même. Je le regarde, on se focalise tous dessus. Ton père l'essaie, me prend en photo avec la petite. Je ne voulais pas qu'on immortalise un tel moment, mais ça nous occupait. On attendait le moment où tu serais héliporté vers Orléans, pour avoir de plus amples détails. Fixer ses pensées sur l'appareil photo, et sur la petite... Trouver à s'occuper... En attendant...
Attendre, et attendre encore... Rappeler plus tard, ils s'occupent de toi. Nous apprendrons la signification de l'attente , longue, douloureuse, interminable.

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L'appel

Message  Thelema le Mar 3 Jan - 21:11

Les yeux fixés sur le carrelage. Ta mère qui prend le téléphone et appelle l'hôpital. Je me souviens qu'elle répondait à des questions d'ordre médical, puis sur ta vie personnelle. Ton père et moi, on est suspendu à ses lèvres. Elle raconte au médecin ce que lui ont dit les autres médecins d'avant ton transfert. Puis elle pousse des "oh", son visage qui devient de plus en plus blême sa main qui cache sa bouche. Désormais, elle se contente de dire " oui ". A cet instant précis, je croise mes doigts si forts, que ça me fait mal. Ton père et moi, on ne sait pas ce qui se dit, mais à l'expression de son visage, on devine. Elle se décompose . Elle raccroche, nous dit que les premiers médecins nous ont mentis.

C'est grave, très grave, ils ne peuvent pas statuer sur ton état avant 48 heures. Tu es dans un coma très profond, tu as un traumatisme crânien grave. Des mots qui nous achèvent. Ton père se lève, se tient au niveau du cœur... On est littéralement anéantis. Les mots, les sales mots, qui mettent en suspend ta vie, et les nôtres. Je rembobine la journée dans ma tête, j'aurais pu t'empêcher. Ta mère qui ne cesse de répéter " pourquoi". On pleure tous. Je suppose que bébé est dans son lit. Tout est flou, je revois juste nos déplacements sans but. On erre dans le salon. On pleure. On prie. On maudit ces sales menteurs. Ta vie ne tient qu'a un fil.

Au bout d'un long moment, on décide d'aller se coucher, il faut bien s'y résoudre. Je m'allonge dans ta chambre, et la torture commence. Ton lit, ton univers, nos souvenirs ici, pas si lointain. On espère que tout ceci n'est qu'un horrible cauchemar. Je pleure sans discontinuer, je prie, je m'apitoie, et d'épuisement je m'endors. Bébé réclame sa pitance, et c'est le cœur gros, et la tête lourde que je me lève. Je trouve ta mère et ton père dans la cuisine, personne n'a réussit à trouver véritablement le sommeil.

Le lendemain matin, je suis réveillée par les sanglots de ta mère. Je bondis hors du lit. Que se passe t-il ? L'hôpital a appelé ? Tu es ... Non, gros soulagement ... je me suis fais de fausses idées. Ceci est bien réel. Impossible d'avaler quoique ce soit, à part un doliprane. On se met en route pour l'hôpital. La petite ira en garde chez ta tante. On appelle l'hôpital , leur réponse sur ton état est " stationnaire". Si comme moi, on suit un peu les séries américaines sur le monde médical, on sait que c'est une réponse bateau, pour dire qu'on ne sait rien. On prend la route, la radio débite des chansons atrocement tristes. Le temps est à la pluie depuis la veille, je me dis que c'est tant mieux je n'aurais pas supporter un beau ciel bleu, en de telles circonstances.


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La réa : comme une marionnette

Message  Thelema le Mar 3 Jan - 21:13

On arrive devant la porte du service de réanimation médicale. On sonne à l'interphone. Un infirmier vient nous chercher. Il nous annonce qu'on risque d'être vivement impressionné, par le nombre d'appareils, et le fait qu'ils t'ont intubé. Il ouvre la porte battante du service, et là, j'aperçois à travers le hublot, dans la chambre qui fait face au couloir, une silhouette qui me semble familière . Je prie pour que ce ne soit pas toi. Malheureusement c'est toi ! Je te vois inerte, avec des tubes dans ton nez, dans ta bouche, au niveau de tes poumons, puis il y'a la perfusion, les électrodes, les moniteurs, les seringues automatiques, l'assistance respiratoire, les poches de je ne sais quoi. Tu es là, étendu, presque paisible au milieu de tout ces bips. On pourrait croire que tu dors, si on fait abstraction de ce bazar, qui te maintient en vie.

Une infirmière vient nous parler de tout ces appareils, nous donne des clefs pour comprendre. On apprend à lire les monitos, elle nous parle de tout, mais pas de ton trauma crânien. Elle occulte le sujet. Dans le service, les gens nous regardent avec compassion et pitié. Envie de hurler, de te voir ouvrir les yeux, et que tout cela s'efface. On est là, à tes côtés impuissants anéantis. On caresse les seuls endroits de ton corps qui ne sont pas endoloris, ou encombrés, par des appareils. On reste à ton chevet longtemps. On alterne , car les visites sont limités à deux personnes. La salle d'attente, est un cauchemar. Trop de drame, s'y jouent. On y pleure, on y prie, à l'unisson avec d'autres familles en détresse. D'ailleurs concours de circonstances, ce même soir a été admis dans ce service , un autre motard accidenté. Sa famille est présente, face aux mêmes incertitudes, en proie aux mêmes doutes. Il s'avèrera par la suite, que deux jours après son admission, ce motard se réveillera. On les verra exulter en salle d'attente. Ce qui ne fera qu'accentuer notre douleur, et renforcer ce sentiment d'injustice. Les circonstances de ton accident sont troubles, lui cependant, faisait le zouave sur sa moto sans équipement, sans protection, et lui il se réveille...


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Bébé a un mois ...

Message  Thelema le Mar 3 Jan - 21:18

Dans la chambre 5 du service de réanimation médicale, rien de nouveau... Les tubes, les bips, ton corps inerte, ta poitrine qui se soulève à l'aide du respirateur artificiel. Les internes, les soignants, aucun d'entre eux, ne peut nous apporter une once d'espoir...Notre fille a un mois, et tu n'es pas là. On t'as rapporté un lecteur CD, et c'est en boucle que Muse, Goldmann , Vanessa Paradis chantent des titres que tu aimes. Pendant ce temps, les soignants défilent, relèvent tes constantes, tentent de faire baisser ta fièvre, et je ne sais quoi. Ils ont la mine grave, entre compassion, et pitié. Parfois même on se demande, s'ils n'ont pas la certitude que tu vas y passer...
On te parle, on te touche... On essaie de ne pas trop pleurer dans ta chambre, mais à peine sorti on s'effondre... La salle d'attente, est devenu la salle des lamentations, des pétages de plombs de ta mère,ton père et moi...A tour de rôle, on s'entraîne au fond... Toi tu es inerte, et nous on est mort dedans... Guidé par nos besoins primaires, et le trop plein de vie de la puce. C'est toujours un choc de t'apercevoir si immobile. Cette image de toi, nous hante en permanence. A chaque fois que nous arrivons à l'hôpital, on appréhende... Tout est si précaire et fragile; la moindre analyse, la moindre radio nous terrifie. Les feuilles de soins heure après heure, nous révèle ton piteux état...
Bébé a un mois... et toi, tu n'es pas là. Tout est envisagé, surtout le pire. La médecin qui s'occupe de ton cas, nous a reçu, et c'est sans optimisme qu'elle nous livre le diagnostic. Ils vont tester sur toi des procédures de soin. Ta mère signe le processus, sans enthousiasme. On comprend alors, que ce n'est pas pour ton confort mais pour la recherche. Je m'insurge, tu n'es pas un cobaye. Bébé a un mois, et nous on a pris dix ans dans la face.



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Comme une statue

Message  Thelema le Mar 3 Jan - 21:21

Penchée au dessus de toi ... J' essaie de guetter le moindre mouvement, le signe qui nous dira que tu nous entends, que quelque part, tu es encore parmi nous. Je glisse ma main dans la tienne. Ta main est chaude, chose rare pour toi, et figée. J'ai l'impression que je te force en y glissant la mienne, tant tu n'es que raideur. Je quémande la tendresse, et l'amour que cette main me donnait si bien avant. J'espère secrètement qu'elle serre à nouveau la mienne, qu'un seul de mes baisers provoquera ton réveil...Les contes de fées , le cinéma, même si on sait que c'est faux, on espère tout de même, ce fucking happy end. Dans cette histoire, personne ne connait le scénario. Tu es inerte, raide, sans expression. J'attends cette réciprocité, et c'est dépitée que je dépose chaque jour aux commissures de ta bouche abimée par l'intubation, des baisers sans réponse.

Parfois les appareils s'emballent, tu fais de la tachycardie, on se dit que peut-être nos voix, te parviennent dans ton brouillard, et que tu tentes de nous répondre, que n'y parvenant pas tu t"énerves. On invente, on interprète. Cela fait un moment, qu'on a lâché la réalité, tes parents et moi. Elle est trop douloureuse, même si elle s'impose à nous, à travers ton état, les feuilles de soins, et les médecins.

On te parle des heures durant, de tout et de rien, du temps qu'il fait, de Yann qui a acheté sa maison, de la famille, des copains, on te dit qu'un tel ou une telle, pense à toi. On te dit parfois ce que tu as eu , pour pas que tu t'angoisses, ou que tu prennes peur quand tu ouvriras les yeux, sur ce monde de machines. Je te raconte des blagues, te raconte nos souvenirs. Je te répète sans cesse, combien je t'aime, combien, je te l'ai jamais assez dit. Je te parle d'Alice, de ce qu'elle fait, de combien elle est mignonne. Je te supplie de revenir pour toutes ces choses, qu'on a à vivre. Je t'embrasse, même si tes lèvres sont abimées, même si ton corps est tout raide, amaigri, et que je sais que j'embrasserai une statue.


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Je m'autosaoule avec ce roman, alors je vais résumer mais plus tard ...

Message  Thelema le Mar 3 Jan - 21:42

Je ferais un résumé car c'est bien trop long, trop de sentiments, et d'émotions, que je parcours pour vous. Je vais m' arrêter là, car c'est encore bien trop frais, et que ça me pique un peu de me relire... D'autant qu'aujourd'hui, nous sommes à un an jour pour jour, de son arrivée en rééducation et ce n'est pas fini...



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15 jours de coma, et une paupière s'ouvre

Message  Thelema le Mar 17 Jan - 9:03

15 jours à guetter, le moindre geste, à espérer que tout ceci ne soit qu'un mauvais rêve. 15 journées semblables. Les trajets, l'interphone du service, la salle d'attente, la blouse, être à ton chevet, te raconter avec de plus en plus de difficultés la vie. Se rendre compte, que je n'ai plus rien à te raconter. Je ne fais rien de neuf, et je ne vois personne d'autre pour agrémenter mes récits de nouveautés. Je radote. Je (re) raconte, je récite avec de plus en plus d'aisance l'histoire de ton accident.

A l'hôpital , je connais le chemin du service par cœur, fini le temps où je me perdais dans le dédale des couloirs. La dame du café du hall, me connait, elle sait que je vais prendre un grand café sans que je ne lui demande. Je suis une "habituée" désormais . Je connais les infirmières, les aides soignantes. Je peux même te dire, que tel ou telle à des enfants, est que celle -ci, est parti en week-end. Une habituée, te dis-je... Pourtant, j'ai beau venir chaque jour, je ne m'habitue pas à cette image de toi. J'ai mal à chaque fois que je t'aperçois à travers le hublot de ta chambre. Mon esprit manichéen, ne se fait pas à l'idée qu'entre les morts, et les vivants, il y a une catégorie intermédiaire la tienne...

A 15 jours de coma, un médecin nous fait un compte rendu de tes derniers examens...
Ton état ne s'est pas amélioré, mais ne s'est pas dégradé. Bonne nouvelle ? Mauvaise nouvelle? Il convient d'attendre. On ne peut pas en dire davantage. L'éléctro encéphalogramme , révèle toujours une activité cérébrale tout aussi ralentie. L'IRM et le scanner , révèlent toujours autant d'anomalies.
La médecin s'en va, et moi je t'en veux... T'as pas le droit de me laisser là avec Alice. J'imagine la vie sans toi, et je ne suis pas d'accord. Je ne veux pas. J'ai pas envie de me dire qu'elle n'aura de son papa et d'elle, que trois semaines de photos. Pas d'accord. T'as pas le choix tu dois revenir, pour elle, pour tes parents, pour moi. Je maudis la vie. Je l'insulte intérieurement quand ta maman s'agite, et dit des choses incompréhensibles. " on dirait que ... mais oui, il l'a fait... il le fait, il l'ouvre ... il l'a ouvert".
Je n'arrive pas à croire ce que j'ai entendu, je fais le tour du lit et je découvre que ta paupière découvre ton œil.
Une paupière mollassonne à moitié levée, sur un œil vide de vie, mais bon sang tu as ouvert l’œil. On exulte dans la chambre, et on part chercher la doctoresse.

C'est le moment des transmissions, alors il y a dans le couloir une dizaine d'internes, d'infirmières, et d'aide soignants, de kiné et autres. Face à notre hystérie, le service retrouve le sourire...
S'en suit un défilé devant le hublot de ta chambre... Ils veulent voir. Ils sourient, même l'interne avec sa tête d'endeuillé professionnel, affiche un sourire. J'entends de la bouche de la doctoresse, que c'est "incroyable", mais qu'il ne faut pas pour autant s'emballer, le retour à la vie peut-être long.

Rabat-joie !

Ton père entre dans ta chambre. Ton œil est bien ouvert. Il prend une photo d'Alice sur le mur, te la montre. Je ne sais pas ce que tu peux voir, suivre, mais rien ne se passe. On se dit qu'il est encore tôt, mais on y croit....




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Le lendemain, et les jours qui suivent...

Message  Thelema le Mar 17 Jan - 9:25

Le lendemain, je passe la porte du service, convaincue, de le voir les deux yeux grands ouverts. Toute la soirée de la veille, je me suis passée le film, de son magnifique œil bleu, qui s'ouvre sur le monde.

Pourtant, je le retrouve identique aux jours précédents... Immobile, inerte, les yeux clos. J'appelle l'interne, je lui demande s'il l'a fait à nouveau. NON ! Rien ! Il ne s'est rien passé de neuf. Je suis profondément déçue. J'y croyais de trop sûrement.

Je suis amère, je suis fâchée. Le vieux de la chambre d' à côté, mange devant sa télé, et toi, rien, alors que la veille, il était comme toi. Je profite d'un moment, où tes parents, échangent leur place à ton chevet, pour te dire combien je suis en colère.
J'insulte la vie, Dieu, le destin, la fatalité, chacun en prend pour son grade. Je t'en veux à toi. Il faut que tu réitères ton exploit. Alice a besoin de son père. Je ne veux pas que tu nous laisses. Je ne veux pas qu'elle grandisse sans toi. Je te dis que je vais pulvériser ta moto à coup de masse, car cette maudite machine , est réparable.

Je te dis de faire vite, que je n'en peux plus. J'en ai assez des trajets, de tes parents, des médecins, de cet hôpital. Je pleure, je crie, je hurle, et je déverse sur toi ma colère, mon espoir déçu. Je dois bien l'avouer ce jour là, je te montre mon découragement. Un interne me fait sortir de ta chambre, et m'ordonne de me calmer. Je ne suis plus que larmes et colère. Quand j'aperçois tes parents au loin, je me calme tant bien que mal. Je leur dis d'y aller ensemble, que j'ai besoin de prendre l'air.

Dehors, je continue ma crise de nerfs, je donne des coups de pieds dans le local de la chaufferie. La neige se met à tomber, j'ai froid, je reste dehors. Je fume. Je pleure. On me regarde mais je m'en fous. Je suis ivre de rage. J'ai du mitrailler du regard , les autres fumeurs alors ils font mine de ne plus me voir. J'ai mal aux pieds, j'ai froid , je rentre. Mon beau-père, a du assister à la scène, car il me dit " récupères ta veste, dis lui " à demain, on rentre".

On ne disait plus jamais "au revoir" à cette période. On disait tous , je vais lui dire qu'on " s'en va, et qu'on revient demain". Superstition....

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Re: "A dans une heure, grand max'! "

Message  Thelema le Mar 17 Jan - 13:36

Oui Flobby, vue de l'extérieur, je devais ressembler à une vraie cinglée. Personne ne s'énerve après une personne dans le coma et encore moins contre la porte en fer d'une chaufferie. Ca sert à rien, mais ça soulage.


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Le résumé en acceléré

Message  Thelema le Mer 25 Jan - 14:26

Il s'est réveillé ... Il est allé en post réa. On lui a ôté sa trachéo. Il a commencé à parlé. Du n'importe quoi, du charabia, parfois des vrais mots. Tout était incohérent. Il ne mangeait pas seul, ne tenait pas assis, ni debout.
Il y a eu la phase primitive et vulgaire ensuite. Celle où il était persuadé d'avoir dix ans, et regardait Gulli. Il me repoussait. Il était agité. Il semblait avoir des idées fixes, passer par dessus la barrière de son lit. Ils l'ont attaché. Il arrachait les électrodes sur son corps. Il ne parvenait plus à boire sans faire de fausse route.

Puis petit à petit, il a tenu assis. Il semblait nous reconnaitre. Il recommençait à sourire en nous voyant. Il avait de plus en plus de moments de lucidité. Il mangeait des purées, des compotes. Il parvenait à boire seul, à manger presque tout seul.

Le 3 janvier, soit deux mois et demi après son accident, et un mois après son réveil, il était transféré en rééducation.
Là, tout a été vite. Il est redevenu continent. Fini les couches, et peniflow... Il est passé de quelques pas, à " je marche", en 15 jours. Au bout de trois semaines, il montait les escaliers. Très fatigable, il n'avait pas beaucoup d'activité quotidienne, et un fauteuil roulant à disposition quand il était fatigué.
Son esprit était encore bien embrouillé. Il commençait à poser des questions vers mi janvier sur son état, sa cicatrice de trachéo.

Fin janvier, la mémoire était vacillante. Il se perdait encore dans le centre, oubliait des séances de kiné, oubliait d'aller manger. On a passé des heures avec les aides soignantes, et un de ses amis ( qui était tristement arrivé dans ce centre pour les mêmes raison que lui deux mois auparavant) à le chercher dans le dédale des couloirs.

Février, la mémoire se fixe de mieux en mieux,il se souvient de ce qu'on fait lors des sorties des week end. Il demande à récupérer son téléphone portable. Etrangement, s'il a oublié beaucoup, il n'a rien perdu, de comment l'utiliser. Il arrive à nouveau à couper sa viande. Il a repris du poids et des forces.

De février à avril... Il n'aura de cesse de progresser. Les siestes sont nombreuses, une le matin, une le midi, une dans le milieu d'après midi. La mémoire ancienne est intacte. C'est les nouveautés qui posent souci. Alors on lui rabâche les dates.. Dans sa chambre, il y a un éphéméride et des calendriers... Il a son emploi du temps autour du coup, car les thérapeutes deviennent de plus en plus exigeants. Aucun retard toléré, et aucun oubli de séance. Le planning hebdo est plus conséquent. Désormais, plus personne ne vient le chercher, ou l'appelle quand il a oublié l'heure. Il se fait engueuler. Je trouve cela dur. On m'explique, qu'il faut qu'on le responsabilise. Dans le processus de retour à la vie normale, le respect des horaires est indispensable. On me dit que le centre de rééducation est un cocon, et que dehors, il sera traité comme tout un chacun. Le traumatisme crânien on s'en fout, surtout dehors.

En gros, je dois laisser faire les pros, et d'arrêter de le materner... Je me rentre cette idée à coup de piolet dans le crâne. En avril, il le passe en hospitalisation de jour, il respecte les horaires, devient un monomaniaque de l'anti oubli.Il note , il rassemble ses affaires, il vérifie. Il met tout dans un sac. Une heure après il re vérifie que rien a bougé que tout est là.

A ce moment précis, je commence à me dire qu'il sera bon pour l émission confessions intimes ' j'ai des tocs"

Avril, il rentre à la maison chaque soir, et les progrès vont bon train. La mémoire, il peine moins à enjamber, il se releve du sol sans trop de peine. Il a encore une démarche de robot mais , j'apprécie plus que tout de le voir rentrer chaque soir.

De mai à aujourd'hui... Il butait sur des mots lorsqu'il était fatigué. On a cru a des problèmes ortho, mais le bilan ortho n'a rien donné. La fatigue est toujours notre fléau. Sa démarche, est plus naturelle. Il peine toujours à se relever du sol, et n'a aucun problème pour enjamber. Physiquement, on a découvert, qu'un nerf de son épaule est mort. Il doit donc être opérée. On va lui prendre un nerf de la jambe pour lui mettre à l'épaule.

On attend cette opération avec impatience... Vu qu'elle nécessite 6/9 mois de rééducation derrière, et le bruit court qu'il ne pourra plus exercer son métier. Nous allons à une synthèse le 9 février. Nous verrons ce qu'il en est ce jour là. On parle aussi d'une sortie du centre de rééducation...

Nous verrons bien... La suite le 9 février ...



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Re: "A dans une heure, grand max'! "

Message  Thelema le Mar 7 Fév - 9:56

De retour ici...

J'ai enfin ressuscité ! J'arrive enfin à lâcher mon plaid polaire pour me déplacer ,la morve au nez, et sans efferalgan vitamine C. Ce n'est pas encore gagné, hier encore, j'ai finis en sieste devant les cordier.
Ouaaaaaaaaaaouh, je fais plein de rimes plates en é !
Bon je vais arrêter...
Pas tout de suite ça me fait marrer !

Allez, une petite dernière c'est ma tournée !

Bon ! Un peu de sérieux ...

Oui mon cher et tendre a bien progressé. Les séquelles ne sont pas aussi importantes, qu'on nous les avaient annoncées. ( C'est plus fort que moué !) Il doit bientôt se faire opérer ( le 20), car un nerf de son épaule est paralysé. Ils vont donc lui prendre un nerf ( qui sert soit disant à rien ) dans la jambe, pour le raccorder à son épaule. Suivra ensuite 50 jours d'immobilisation, et 6/9 mois de rééducation...
Et nous voila reparti pour un tour ...
D'après, son médecin même avec un résultat optimum , il ne pourra pas reprendre son activité de paysagiste, car son épaule, n'aura pas assez de force, et sera très fatigable.

Alors comme vous vous en doutez, mon cher et tendre se voile la face, en se disant... Attends, j'ai presque pas eu de séquelles de mon trauma, alors c'est pas ce petit nerf de merde, qui va m'empêcher de refaire mon métier...

La suite au prochain épisode...

Sinon, ses humeurs font toujours le yoyo ... et moi avec ma patience d'ange, ma compréhension sans borne, ma douceur innée... On se frite GRAVE ! Il boude, je boude... Il s'excuse, je l'envoie bouler, il boude encore plus... Je culpabilise, il le sait... Je reviens, il me jette. Je re boude. Il revient sans s'excuser. J'attends des excuses. Je claque la porte. Il culpabilise... Bref, c'est comme avant niveau embrouille, sauf qu'on rajoute la dimension " victimisation" de mister " avant ca aurait été différent, tu m'en demandes trop, je ne suis qu'un pauvre TC" et des accès de colère disproportionnée aux situations... OU EST LA BOITE A OEUF PUTAIN TU LE FAIS EXPRES POUR M EMMERDER DE LA METTRE LA .... AAAAAAAAAAAAH JE TE HAIS... J AURAI DU MOURRIR ... T AURAIS ETE BIEN HEUREUSE... !

Alors face à cela, selon l'humeur... Je fous de l'huile sur le feu , je me fous de sa gueule, ou je claque la porte... Note à celles que ca concernerait, se sont que des mauvaises solutions...

:-) A bientôt pour de nouveaux épisodes







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Re: "A dans une heure, grand max'! "

Message  petitoune33 le Mar 7 Fév - 10:05

tiens tiens une autre addict de l efferalgan vitamice c Very Happy

bon lorsque tu parles des embrouilles avec ton cheri et bien j ai l impression que malhaureusement c est la meme chose partout, cette "victimisation" etait elle aussi bein presente
j ai fait comme toi tres longtemps a repondre, a bouder a renvoyer bouler, puis un jour j en ai eu marre je me suis rendue compte que ca n arrangerait rien du coup lorsqu il avait ses acces de colere je laissais glisser (tres difficile pour moi soit dit en passant) et du coup ca a attenué les crises vu qu il voyait que ca ne prenait plus avec moi
au jourd d aujourd hui en revanche je me remets a lui repondre, a me defendre, bein ca lui fait tout drole car il avait pris l habtude que je me la ferme du coup il me dit que j ai trop change.... non non cheri je suis juste redevenue la meme qu avant mdrr
bon quoi qu il en soit bon courage et surtout pour la partie remission post op car a mon avis ca ne va pas etre une partie de plaisir
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Re: "A dans une heure, grand max'! "

Message  Thelema le Mar 7 Fév - 10:11

Merci, il va effectivement en falloir...

Sinon oui, c'est grace à toi, que je suis passée à l'efferalgan vitamine C :-)

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Re: "A dans une heure, grand max'! "

Message  petitoune33 le Mar 7 Fév - 10:12

Thelema a écrit:Merci, il va effectivement en falloir...

Sinon oui, c'est grace à toi, que je suis passée à l'efferalgan vitamine C :-)
m en suis bien douté Razz t as vu c est redoutable ce truc j en ai toujours dans mon sac
et quand t as besoin d un gros coup de fouet n oublie pas tu le fais fondre dans le café Razz Razz
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Re: "A dans une heure, grand max'! "

Message  Thelema le Mar 7 Fév - 10:27

je vais tester dans le coca !!! :-)

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Re: "A dans une heure, grand max'! "

Message  petitoune33 le Mar 7 Fév - 10:37

Thelema a écrit:je vais tester dans le coca !!! :-)
lol! lol! lol! t es une chef toi afro
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Re: "A dans une heure, grand max'! "

Message  carmen cru le Mar 7 Fév - 12:00

Thelema a écrit:

Sinon, ses humeurs font toujours le yoyo ... et moi avec ma patience d'ange, ma compréhension sans borne, ma douceur innée... On se frite GRAVE ! Il boude, je boude... Il s'excuse, je l'envoie bouler, il boude encore plus... Je culpabilise, il le sait... Je reviens, il me jette. Je re boude. Il revient sans s'excuser. J'attends des excuses. Je claque la porte. Il culpabilise... Bref, c'est comme avant niveau embrouille, sauf qu'on rajoute la dimension " victimisation" de mister " avant ca aurait été différent, tu m'en demandes trop, je ne suis qu'un pauvre TC" et des accès de colère disproportionnée aux situations... OU EST LA BOITE A OEUF PUTAIN TU LE FAIS EXPRES POUR M EMMERDER DE LA METTRE LA .... AAAAAAAAAAAAH JE TE HAIS... J AURAI DU MOURRIR ... T AURAIS ETE BIEN HEUREUSE... !

Alors face à cela, selon l'humeur... Je fous de l'huile sur le feu , je me fous de sa gueule, ou je claque la porte... Note à celles que ca concernerait, se sont que des mauvaises solutions...

:-) A bientôt pour de nouveaux épisodes

Ha ! J'adore... ça me rappelle Mika et moi avant l'accident Twisted Evil
Genre, quand on venait d'ouvrir notre bar, on a eu une engueulade mémorable (sur plusieurs jours) au sujet du sens dans lequel il convenait de positionner les boules doseuses sur les bouteilles d'alcool ! Trooooooop grave comme sujet...

Après l'accident,
il y a pas longtemps de ça, il a eu un gros début de période de victimisation : ne voulait plus faire aucun effort, "de toute façon ça sert à rien j'ai plus de mémoire" "pas la peine d'essayer"...
Mais bon, on a rectifié le tir vite fait.

Le plus dur pour moi (je démarre au 1/4 de tour) c'est de me tempérer moi même, de garder toujours à l'esprit qu'il ne fait pas exprès quand il me répète la même vanne pourrie pour la vingtième fois de la journée avec cet air du mec satisfait qui vient d'inventer l'eau chaude...

de ne pas m'énerver quand il m'appelle pour la quinzième fois pour me faire découvrir un "scoop" qu'il vient de lire dans le journal : une annonce pour une maison à louer, ... la même annonce qui parait depuis 3 semaines et qu'il découvre à chaque fois...

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Re: "A dans une heure, grand max'! "

Message  Thelema le Mar 7 Fév - 12:19

Je sais qu'il ne fait pas cela pour m'emmerder mais comme le dit Carmen, quand tu pars au quart de tour, c'est difficile ...
J'essaie de ne pas trop le montrer, mais parfois il y a le soupir de trop, le ton qui en dit long, qui l' insupporte et nous emmène droit vers l'engueulade.

Je crois qu'il y a une chose que je trouve intolérable, et qui me rend hystérique. C'est quand il me dit qu'il "aurait du y passer". Je trouve cette réponse inadmissible. Ok, sa vie est changée , mais il est VIVANT !

Pour moi, il a eu une deuxième chance, et comparé à d'autres , il s'en sort foutrement bien, alors il a le droit de se décourager, d'en avoir assez, mais surtout pas de dire cela. Alors quand il dit cela, tout s’emmêle , ma colère, la rage, la honte, la haine, l'impression qu'on s'est battu pour rien. En disant cela, il oublie les efforts, les souffrances. Il oublie qu'il est le fils de quelqu'un, qu'il est père, qu'il est mon amour, mon meilleur ami, mon amant. Il minimise son importance dans nos vies.

Dans ces moments là, je lui en veux ... comme si la moto, le paintball, les marathons, étaient toute sa vie. Que sa vie, ne valait plus rien sans cela...Quand il me dit que j'aurai été bien contente sans lui... Je lui dis " effectivement, on se poile tellement à un enterrement, je suis dégoutée d'avoir manqué ça. Sans compter qu' Emma n'aurait pas vu le jour et mes 20 kilos de trop non plus. Alice aurait pu se choisir un nouveau papa. Qui sait peut être que Jared Leto est dispo ?"



Alors , je ne sais pas pour toi Flobby, ce que tu mets derrière cette phrase, mais moi je ne la comprends pas. Je me dis qu'il y a surement une dimension que je ne saisis pas, ou alors est ce juste, l'expression extrème d'un ras le bol.

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Re: "A dans une heure, grand max'! "

Message  carmen cru le Mar 7 Fév - 12:41

Thelema a écrit:

Je crois qu'il y a une chose que je trouve intolérable, et qui me rend hystérique. C'est quand il me dit qu'il "aurait du y passer". Je trouve cette réponse inadmissible. Ok, sa vie est changée , mais il est VIVANT !

Pour moi, il a eu une deuxième chance, et comparé à d'autres , il s'en sort foutrement bien, alors il a le droit de se décourager, d'en avoir assez, mais surtout pas de dire cela. Alors quand il dit cela, tout s’emmêle , ma colère, la rage, la honte, la haine, l'impression qu'on s'est battu pour rien. En disant cela, il oublie les efforts, les souffrances. Il oublie qu'il est le fils de quelqu'un, qu'il est père, qu'il est mon amour, mon meilleur ami, mon amant. Il minimise son importance dans nos vies.

Dans ces moments là, je lui en veux ... comme si la moto, le paintball, les marathons, étaient toute sa vie. Que sa vie, ne valait plus rien sans cela...Quand il me dit que j'aurai été bien contente sans lui... Je lui dis " effectivement, on se poile tellement à un enterrement, je suis dégoutée d'avoir manqué ça. Sans compter qu' Emma n'aurait pas vu le jour et mes 20 kilos de trop non plus. Alice aurait pu se choisir un nouveau papa. Qui sait peut être que Jared Leto est dispo ?"

Et tout ça, est ce que tu a essayé de lui dire dans un moment "calme" ? parce que c'est très fort ce que tu a écrit. C'est une magnifique déclaration d'amour. ça vaudrait le coup qu'il lise ce texte.



Thelema a écrit: Alors , je ne sais pas pour toi Flobby, ce que tu mets derrière cette phrase, mais moi je ne la comprends pas. Je me dis qu'il y a surement une dimension que je ne saisis pas, ou alors est ce juste, l'expression extrème d'un ras le bol.

Moi aussi, j'avais lu ton texte très poignant et émouvant... j'en avais même eu une insomnie.
Et le lendemain quand j'ai voulu te répondre... il avait disparu. J'étais déçue.
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Re: "A dans une heure, grand max'! "

Message  Thelema le Mar 7 Fév - 14:38

Oh non , je ne lui ai pas dis ! Une fois la crise passée, je ne reviens pas dessus.
Et je ne lui ferai pas lire... J'ai bien trop peur, que cela relance un débat sur la deuxième chance, qui n'en est pas une.


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La greffe de nerf à l'épaule...

Message  Thelema le Mar 28 Fév - 22:46

Quand le chirurgien nous a parlé de cette opération, nous étions enthousiaste, moi plus que lui sans doute, en échange d'un peu de souffrance et de trois cicatrices, il pourrait à nouveau porter des choses lourdes, et peut être ré exercer son métier, mettre sa main sur sa hanche, lever le bras en l'air, fouiller dans ses poches arrières, réajuster ses pulls, vestes, sans difficultés. Je sais vous me direz que ce n'est pas important d'autres ne peuvent plus marcher...

Mais à 28 ans, quand on est paysagiste, et qu'un petit nerf de rien du tout bouleverse la vie quotidienne et professionnelle, on juge cela important de le réparer. Chose qui a été faite le 20 février à l’hôpital de Clamart. Un grand professeur dans un hôpital moisi. Un professeur, c'est un mec important avec une grosse montre. La grosse montre, c'est pour bien voir l'heure, et ce monsieur n'a pas le temps. On patiente 2h30, pour un rendez vous de 15 minutes, montre au poignet. Il ausculte, il explique .. Des questions ? Oui, on en pose. Évidemment, on en oublie. On le rappelle nous mettrons trois semaines à l'avoir au téléphone, pour répondre à nos autres questions. Il rassure, il explique, il raccroche 3 minutes maxi. Main sur le chrono, le temps c'est de l'argent...

L'opération a lieu. On est toujours plus ou moins dans le flou sur le déroulé. J'ai très peur. J'ai peur de l'anesthésie. Comment réagit un traumatisé crânien à l'anesthésie? L'anesthésie n'est qu'après tout un coma réversible. Tout de suite, c'est moins rassurant... Tout se passe à peu près bien, il passera 6 h au bloc, au lieu des trois prévues. J'ai entre les mains le compte rendu opératoire. Le nerf a joué les fourbes, et une veine a été touchée , alors ils ont suturé. Désormais mon homme a un bout de son nerf du molet dans l'epaule, une balafre de 30 cms à l'arrière du mollet, et deux cicatrices de 15 cms chacune sur l'omoplate, et sur le plexus. Ces nouvelles cicatrices ne me posent aucun problème. Je savais qu'il aurait le bras en écharpe. et qu'il serait immobilisé, longtemps. J'en avais pris mon parti.J'ai pas sauté au plafond pour sûr... Y'a deux bébés à la maison, et j'avais envie de travailler à nouveau donc là franchement, c'est un peu la loose. Mais ce que j'ignorais, et que l'on s'était bien gardé de nous préciser, c'est que le nerf prélevé a son mollet ne servait pas à rien. Ce n'était pas un nerf bonus, en cas de panne. Ce nerf l'empêche de marcher correctement... Et là je vous avoue, que moi, je suis en colère... Qu'il ne puisse pas se servir de son bras est une chose, mais qu'il ne puisse pas faire plus de trois pas en est une autre. J'ai les nerfs c'est le cas de le dire. Alors j'ai à la maison deux bébés, un homme qui ne peut leur prodiguer aucun soin, et aider à aucune tache. Au bout de 15 mois de combat, ça pèse, ça use. J'ai l'impression de faire machine arrière... Et quand on parle de kiné et de durée, on parle d'un an pour se remettre a raison d'une séance de kiné par jour, rien que cela... Marre !!! Voilà le sentiment de ce soir, alors que mon homme est rentré depuis 24h seulement. J'espère et j'attends le jour, où les choses prendront un aspect plus normal loin des médecins, et surtout le jour où je pourrais sortir de la parenthèse, et faire ce que je veux, et envie. Comprenne qui pourra. Je veux retrouver le contrôle de ma vie. J'ai pas la dévotion d'une sainte, et cette nouvelle étape me rend haineuse. J'en ai broyé son "moto et motards" sauvagement.

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Re: "A dans une heure, grand max'! "

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